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Daniel Abimi, Le Baron

Par Alain Bagnoud

 

On pourrait dire que Le Baron de Daniel Abimi est le meilleur roman de la rentrée, si c'était un roman. Mais non. Qu'est-ce que c'est donc que ce livre ? Une biographie, une confession ? « Récit », annonce l'éditeur.

 

« Le temps d'un récit, Daniel Abimi s'est mis dans la peau de Laurent, dit le Baron. » Le Baron est un personnage bien réel, truculent, théâtral, plein de verve, de vitalité et de saveur. Ce qui pose la question des relations littéraires entre l'auteur et son personnage.

 

Il y a trois cas possible quand un écrivain fait un livre basé sur un être réel qui se raconte. Celui-ci peut décider de signer le texte et de remercier son nègre en petits caractères dans une formule sibylline. Le nom des deux peut apparaître sur la couverture. Ici, on n'a que celui d'Abimi, bien que très vite, le lecteur comprenne que toute la matière vient des souvenirs du Baron.

 

Cela signifie que l'auteur assume complètement la forme du texte. D'où une question intéressante : quel est l'état premier des confidences du Baron, et qu'est-ce qui en a été fait littérairement ?

 

On ne peut s'empêcher de s'interroger sur le va-et-vient entre les deux acteurs du récit en lisant ces anecdotes qui évoquent Céline, San-Antonio, Rabelais. Des anecdotes passionnantes pour une vie hors norme.

 

Le Baron, fils de villageois, se crée un personnage et une légende pour reprendre en 1976 une boîte de nuit à Lausanne, Le Johnnie's. «  La canne, le monocle, le nœud, tout en noir. Je m'étais même inventé un arbre généalogique de sang bleu, le titre qui va avec et un château quelque part en France. »

 

Ce sont les années bénies, entre la libération sexuelle des années soixante et le sida des années 80. Il y a une explosion de folie, de liberté, dont le Baron profite, qu'il accompagne, dans la boîte de qui se croisent des hétéros, des homos, des mignons, des travestis, des tapineuses, où se mêlent toutes les classes sociales.

 

Le Baron, règne sur tout ça, picaresque, attirant, bisexuel : il a commencé tout jeune sa carrière amoureuse en se faisant dépuceler par sa cheffe de buffet, puis en couchant avec la mère, la fille, et le beau fils. Et comme dans toutes les bonnes histoires, il y a un meurtre, la chute d'un homme mythique, qui se relève, etc.

 

Un vrai roman, je vous dis...

 



 

Daniel Abimi, Le Baron, Bernard Campiche Editeur

 

 

 

Commentaires

  • Dévoré ce dernier dimanche, un début digne de Pagnol, un milieu de Scorsese et une fin authentique, remplie d'humilité, ce livre est passionnant, à lire absolument.

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