Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Voyage au pays du mentir-Vert

    Par Guy Perrin

    1e partie

    «Toute idéologie est luciférienne en son essence, car elle est la révolte du Bien contre l’Être».

    Vladimir Volkoff

    I

    Farce tragique à Glasgow, farce comique à Sharm El Sheik, dénouement à Dubaï ?

    Comme la cour des Valois autrefois, la nef des fous du Mentir-Vert est itinérante ! Hier, voilà qu’elle fêtait ses échecs précédents en rade à Glasgow…Aujourd’hui à Sharm El Sheikh, demain à Dubaï… Dubaï, vous avez dit Dubaï ? Mais…Les E.A.U ne sont-ils pas membres de l’OPEP, dont le secrétaire général, Haitham Al-Ghais vient de déclarer « it is imperative that all parties involved in the ongoing climate negociations pause for a moment ; look at the big picture… » (je souligne), et d’inviter le monde à ré-investir dans les énergies fossiles !

    Mais de quoi donc les COP sont-elles le fruit, en train de tomber de l’arbre ? D’une science pervertie, tout d’abord, qui a involué en Logos de la fin des temps ; d’un retournement de l’Occident contre lui-même en une saisissante inversion de toutes les valeurs, ensuite ; enfin d’un projet politique désastreux, ultime (?) avatar ou débouché d’un marxisme étendu aux dimensions de la biosphère !

    Il n’est de science que de modèles, dont la portée heuristique demande validation par l’expérience ; la science n’a ainsi pas d’autorité de principe, car elle ne procède en rien d’un principe d’autorité, elle est née contre lui ! Mais tout au contraire d’interrogations, de questions et de contradictions – comme la démocratie en somme, à ceci près que la voix de la majorité n’y a point vocation à gouverner ! Le mythique consensus sur la science du climat est une fabricature, d’ailleurs totalement dépourvue d’intérêt scientifique. On connaît la réaction d’Einstein lors de la publication de 100 auteurs contre Einstein (1931) : « si je m’étais trompé, alors un seul aurait suffi » ! Tout autre est aujourd’hui la position du GIEC… Oh ! Il ne s’agit pas de mettre en accusation les nombreux remarquables scientifiques – point d’angélisme, il y a aussi quelques remarquables militants – qui y concourent. Non, c’est la structure même qui est pervertie, et aboutit, comme le montre si bien Gérondeau, à faire dire à d’honnêtes savants ce qu’ils n’ont jamais dit ! L’ardente nécessité où nous sommes d’une science du climat, malgré les évolutions positives notées dans l’AR6 par la grande Judith Curry, n’adviendra pas par une telle institution. Celle-ci est gauchie par le politique, qui rédige le Summary for policy-makers. Que ne donne-t-on au GIEC un statut calqué sur celui des Banques Centrales, totalement indépendant ? Il serait doté de la capacité d’autorecrutement, procéderait à de vastes auditions publiques et contradictoires, et rédigerait lui-même un résumé. Au lieu de cela, on assiste à un triste spectacle où le réel, et les nombreux démentis – en termes de surchauffe, de « désastres naturels » multiples, « d’urgence »… – qu’il inflige aux modèles n’est même pas pris en compte pour les reformuler vraiment ; pas plus que l’on ne montre les multiples incertitudes qui les affectent, ni le probabilisme qui résulte de leur « tuning », au-delà d’un trop vague « degré de confiance » jamais mentionné par le « Résumé pour les décideurs ». Celui-ci semble pour l’essentiel régi par la célèbre maxime du sensationnalisme : « if it bleeds, it leads » !

    La « science climatique » qui parvient aujourd’hui au public, et sert d’argument d’autorité, n’est ainsi qu’un objet médiatico-politique. C’est en ce sens qu’elle se fait le discours d’une idéologie, tout comme le contenu d’un programme, totalement délirants. Boris Johnson, hôte de la COP26, en était un parfait représentant, dans une course au « net zéro » aussi inepte qu’irréalisable – irréalisable parce qu’inepte – par les voies énoncées ! Pour ce faire, on ment massivement aux peuples, on substitue la peur à la délibération démocratique – devenue en ces matières incongrue et taboue – on tente d’apparaître comme les sauveurs de la planète. C’est ainsi que 1500 journalistes ont, en France, signé une « Charte pour un journalisme à la hauteur de l’urgence climatique », qui revient à retirer du débat -c’est le mot et la position officielle de France Télévision- la problématique du climat ! C’est toute une phraséologie, répétée ad nauseam, de la dernière fenêtre et de la dernière chance, des « scientists say : si nous ne faisons rien, dans moins de vingt ans… » etc., dans un usage massif du conditionnel confondu avec un futur ! Ce dont on s’avise moins, à travers ces discours, c’est que la pseudo-science est bien au-delà de la bouffonnerie falstaffienne et soigneusement décoiffée d’un Johnson. En son essence, elle figure ce XXIe siècle religieux qu’évoquait Malraux, mais de manière quelque peu inattendue, ce retour du religieux s’énonçant comme science ! La « condition post-moderne », celle d’après les « Grands Récits » des religions et idéologies défuntes, n’aura pas duré longtemps : dans son ouvrage éponyme, Lyotard ne s’avise guère de ce que ladite condition n’est pas un état stable ! La pseudo-science du climat s’est ainsi muée en une mise en récit apocalyptique du monde, en un Logos qui donne à voir le plus horrible visage du religieux. C’est celui d’un discours de Grand Inquisiteur et de Camp du Bien, inversion de toute vraie foi, dont une « Greta » est l’icône éructante. L’icône est déclinante et a fait son coming-out politique d’extrême-extrême gauche à l’occasion de la parution de son –« sous la direction de »… On croit rêver !- Climate Book.. Mais il en est venu d’autres…Annonçant la fin de ce monde qui s’en va, la déchéance de l’homme, coupable de vouloir humainement l’habiter, une certaine « écologie » extrême s’impose in fine comme un culte panthéiste de Gaïa. Le Salut a pour condition la fin de tout ce à quoi « l’espèce humaine » – mot qui s’impose ici ! – a aspiré jusque-là, genre humain dont on vise, ouvertement ou pas, la réduction. Les écologistes radicaux de « Earth First », par exemple, proposent de ne plus soigner les malades au-delà de 65 ans ! Démonisant toute voix contraire, ces idéologies condamnent comme « insoutenable » toute aspiration au progrès, tout ce que la raison ordinaire appelle tel. Aucune objection ne peut valoir contre la perspective de la fin du monde : ce que ne perçoivent pas bon nombre de nos dirigeants, c’est qu’ils ne pèseront rien lorsque le vent de cette folie soufflera en tempête ! Or, ce que les COP valident, c’est la racine de ces discours. Dès lors que l’on admet une « urgence climatique », que l’on annonce comme certains des désastres « sauf si… », que l’on évoque des « dernières chances », c’est la logique de la peur et du catastrophisme qui l’emporte, au bout desquels il y a la décroissance et la collapsologie ! Insistons sur « la logique » : les prémisses du discours ayant été validées, l’extrémisme paraîtra toujours plus cohérent, plus intelligent et in fine plus « moral » que ce que produisent les COP… Qu’elles échouent systématiquement dans leurs objectifs – et comment pourrait-il en être autrement ? – sert d’argument pour montrer l’inanité de tout modérantisme, entretient la force du discours radical. Après chaque échec de COP, le moulin grétiniste à imprécations et exhortations se remet en marche !

    On n’insistera pas ici sur la démence anti-humaniste de ces monstruosités qui, comme l’avait dit Pie XI du communisme, « n’arriveront jamais » à leurs objectifs. C’est qu’elles aussi représentent un viol de la nature humaine – comme d’ailleurs elles portent une sotte naïveté, inhérente à tout panthéisme, dans leur vison de la nature tout court ! Ce qui est spécifiquement humain est conquête sur, séparation de la nature ! C’est un préalable de le reconnaître, si l’on veut, à l’égard de notre planète, pratiquer le « care », elle qui en a tant besoin ! C’est d’un surcroît d’intelligence humaine – oui, d’intelligence gestionnaire ! – d’un vigoureux investissement, dans l’humanisme comme dans l’innovation, que viendra la conservation raisonnée de notre habitat commun… Et non d’un obscène abandon/retrait apeuré de l’homme, désormais conçu comme un simple éclat de l’Univers divinisé, face aux forces surhumaines de celui-ci ! C’est la base même, ou plutôt l’absence de bases, du raisonnement de la pseudo-science qu’il faut attaquer pour éviter ce mortel engrenage.

    A suivre