Le Rendez-vous d'Ellen, de Pierluigi Fachinotti (05/02/2008)

Par Alain Bagnoud

Pierluigi Fachinotti, médecin à Genève, avait comme projet de « tenter de raconter une histoire qui dise le parcours d’hommes et de femmes qui se débattent dans les liens invisibles du passé. »
Il a suivi pour cela la branche mâle d’une famille. Trois hommes. Taddeo, Biagio qui prendra l’identité d’un mort de passage, et Enrico. Le grand-père, le père, le fils, ballottés entre le nord de l’Italie, l’Ethiopie, la Suisse, entre le fascisme mussolinien, l’immigration des travailleurs et la vie des secondos.
Le Rendez-vous d’Ellen montre effectivement le poids que portent les personnages et, parfois, « la nostalgie de cet ailleurs inaccessible qui hante toute relation humaine ».
Un premier roman maîtrisé, donc, surtout dans la restitution du passé. Les récits à la première personne d’Ellen et d’Enrico m’ont paru en effet un peu moins intéressant. Un récit bien construit, même si le coup de théâtre final semble artificiel.
Mais le résultat est manifestement inférieur à l’ambition proclamée de Fachinotti, qui voulait rien de moins que communiquer sa conviction sur « l’existence d’un lieu secret dans chaque être, une part d’ombre et de lumière [qui] donne son éclat à chacun », et parler de « ce lieu intime [qui] est la part la plus belle de l’homme ».
Noble ambition. Le texte se lit en général agréablement, c’est déjà ça.
 
Pierluigi Fachinotti, Le Rendez-vous d’Ellen, L’Aire
 
(Publié aussi dans Le blog d'Alain Bagnoud.)

09:13 | Lien permanent | Commentaires (3)