Esprits libres et penseurs cathodiques (14/10/2007)

 

Par Olivier Chiacchiari



 

 

Du philosophique au cathodique, n'y a-t-il qu'un pas?

 

Vendredi soir. J'allume la télé et je tombe sur «Esprits libres», animée par Guillaume Durant qui reçoit Bernard-Henri Lévy. Je suis tout ouïe, les émissions littéraires sont trop rares pour se permettre de zapper.
Hélas, très vite l'ennui s'installe. Les banalités s'enchaînent, les poncifs s'accumulent et l'agacement succède à l'ennui.
D'autres personnalités médiatiques interviennent sans élever le débat. On se chamaille cordialement sur des questions de gauche, de droite, il y a ceux qui sont pour, ceux qui sont contre, et lorsqu'un interlocuteur audacieux affirme que tout n'est pas aussi simple, BHL répond avec véhémence: «Certes, la situation est très complexe !» Et voilà qu'il embraye sur les événements de mai 68, etc., etc.,… ciel !
A l'heure de l'internet, du clonage, de la mondialisation, à l'heure où se profilent des mutations sociétales vertigineuses, le philosophe le plus médiatisé de France ne trouve rien d'autre à nous dire en deux heures d'émission culturelle ? Et il me faudrait lire son livre pour en savoir davantage ?
Y trouverais-je les pensées fulgurantes, les concepts novateurs, les intuitions subversives si chères à ses prédécesseurs ? Se proclamer philosophe, n'est-ce pas prétendre à la succession de Platon, Aristote, Descartes, Spinoza, Nietzsche, Deleuze? Ce seul héritage ne devrait-il pas empêcher ses prétendants de formuler publiquement des monceaux de platitudes dignes de politiciens en campagne ? Le philosophe ne doit-il pas bouleverser les esprits, dynamiter les certitudes ? Le philosophe ne doit-il pas philosopher hors des sentiers battus, tout simplement ?
J'éteins la télé avec l'envie de relire Peter Sloterdijk, philosophe contemporain d'une envergure rare, que je n'ai jamais vu à la télé. Allez savoir pourquoi...

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